SAINT-POUANGE ET SON FINAGE

Visite guidée par Alain Hourseau



Présentation de Saint-Pouange :

Le territoire de Saint-Pouange est habité depuis la nuit des temps. Des témoignages archéologiques l’attestent comme les nombreux silex taillés ou les pièces de monnaies gauloises trouvés sur le finage. Grâce aux travaux archéologiques autoroutiers, des traces d’occupations du néolithique final sont apparues au lieu-dit l’ Étang-Neuf, au croisement de la route qui mène à Chevillèle.

Au même endroit, six structures, c’est-à-dire des fosses, contenaient des quantités importantes de céramiques protohistoriques. Des traces gallo-romaines sont attestées (II-IIIème siècle). Le plus intéressant, et rare, fut l’observation des restes d’un groupe de maisons, accompagnés de fosses et entourés d’une palissade, datant du X-XIème siècle, avec là encore, de nombreux restes de céramiques.

Un oratoire dédié à saint Marc est construit au VIème siècle. Il est occupé par des ermites, dont un nommé Pothiamus, après un pèlerinage à Rome pour expier une faute. Il fut inhumé là et donna son nom à cette contrée marécageuse, comme l’indique la charte de l’abbaye de Montier-la-Celle. Le lieu-dit les Maraux rappelle les marais.

Saint-Pouange est rattaché au canton de Bouilly à la Révolution (1789). Son territoire occupe une superficie de 1.002 hectares. Il y avait plusieurs hameaux, ou domaines agricoles (Souleaux, la Borde, Blancs-Fossés, Richebourg, la Colloterie, Bleuse, Toupon...) dont nous allons rendre visite pour certaines. Ce village est arrosé par plusieurs ruisseaux qui prennent leur source près de la voie romaine: la fontaine de Richebourg, le ruisseau des Fontaines de Neuvilles et la Hurande à Toupon.

Á l’époque féodale, des petits Seigneurs possédaient de nombreux biens qui reviennent à Thibault V au cours du XIIIème siècle. Saint-Pouange entra ensuite dans le domaine royal, comme le reste de la Champagne par le mariage de la comtesse Jeanne de Navarre avec Philippe le Bel, en 1284. Les dîmes se partageaient entre les moines de l’abbaye de Montier-la-Celle et les religieuses de Notre-Dame-aux-Nonnains.

L’église saint Marc :

Il semble que le modeste oratoire fut reconstruit vers le XIIème siècle, comme le prouve l’abside à trois pans et les deux premières travées de la nef. L’ensemble fut de nouveau agrandi au XVIème où l’on remarque la voûte, une fenêtre, composée de deux panneaux de vitraux, et la porte. Le reste de l’église date du XIXème siècle (1874).

Ce mélange de trois périodes donne l’église actuelle, composée d’une seule nef, sans bas côté, ni transept. Extérieurement, comme à Bouilly, le choeur et le chevet sont entourés d’une corniche à modillons très à la mode au XVIème siècle. La porte comporte un encadrement flamboyant, surmonté d’une statue de saint Marc.

Enfin, signalons qu’elle possède aussi un calice en vermeil donné par l’empereur Napoléon III vers 1865.

Édouard Herriot :

C’est dans ce presbytère que grandit le jeune Édouard Herrio t. Il était né le 5 juillet 1872, à Troyes, place de la Bonneterie, aujourd’hui Place Jean Jaurès, comme le rappelle la plaque commémorative fixée sur une maison, à gauche en descendant la place.

Trois jours après sa naissance, il vient à Saint-Pouange avec sa mère et sa grand-mère chez son oncle, l’abbé Collon, curé de la paroisse, qui le baptise. Ce dernier devait assurer l’éducation de son neveu, et plus particulièrement en grec et latin. Il quitte le village à l’âge de 11 ans pour se rendre au collège Saint Barbe à Paris, puis à l’École Normale Supérieure.

La suite est connue, il reçoit l’agrégation de Lettres en 1894, puis est nommé professeur de rhétorique au Lycée Ampère de Lyon, en 1899. C’est là qu’il continue sa carrière politique ; conseiller municipal, adjoint au maire, maire dès 1905, sénateur, ministre, président du Parti radical socialiste, puis enfin plusieurs fois président du Conseil entre 1924 et 1932. Il est décédé à l’âge de 85 ans, en 1957.

Inauguration de la mairie-école le 2 novembre 1913, le monument aux morts le 8 novembre 1925, en compagnie de son chef de cabinet, Alexandre Israël.

Motte de la ferme Jean Févre :

Il s’agit là d’une ancienne motte féodale. C’est ici que s’élevait le château de la famille Ménisson, écuyer, seigneur de Saint-Pouange.

Jean Baptiste Ménisson, était marchand à Troyes, conseiller auprès du roi François Ier et aussi seigneur de Sainte Maure. Sa maison seigneuriale appartenait au roi. L’un de ses fils, Antoine, maître des Eaux et Forêts de Champagne, Brie et Vermandois, se qualifia de seigneur de Saint-Pouange car il y faisait bâtir son château dès 1553. Écuyer du prince de Condé, il embrassa la religion réformée avec une grande ardeur et propageant cette nouvelle religion dans les seigneuries voisines, ce qui lui causa de nombreux problèmes. Le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis voulurent même y confisquer sa seigneurie et les 17 autres achetées dont celle de Souleaux. En 1574, il acheta au roi la terre de Saint-Pouange pour 1.233 livres. Une fois, avec l’aide de ses partisans, ils dispersèrent les restes de saint Pouange. Des échauffourées eurent lieu. Des partisans catholiques pillèrent le château de Souleaux. La religion catholique reprit le dessus, ce qui permit à l’abbaye de Montier-la-Celle de continuer à percevoir les dîmes.

Toujours inquiété par les troubles, il alla se réfugier à Montbeliard, alors possessions espagnoles. Il mourut en 1594. Les fils de son premier mariage héritèrent du fief, mais quittèrent les lieux. C’est alors la famille Colbert qui acquit la terre et la seigneurie de Saint-Pouange, en 1629, sauf un douzième qui revint aux religieuses de Sainte-Scolastique (qui avait déjà la ferme des Blancs-Fossés depuis deux siècles).

Oudard Colbert, né en 1560, marchand en vins, blés et étoffes, acheta aussi la seigneurie de Villacerf. Il était associé à son frère Nicolas, drapier de Reims. Secrétaire du roi, il fut anobli en 1604. Il mourut à l’âge de 80 ans et fut enterré à Troyes.

Son fils Jean Baptiste, dit Colbert de Saint-Pouange, épousa la soeur de Michel le Tellier, chancelier et père de Louvois. Il habitait à Troyes. Nicolas eut aussi un fils nommé Jean Baptiste, c’est grâce à la protection de Colbert de Saint-Pouange qu’il put arriver aux hautes fonctions dont Louis XIV l’honora, ce fut le grand ministre Colbert.

Les héritiers Colbert vendirent la seigneurie à Francois de Mesgrigny, brigadier des armées du roi et ingénieur en chef des travaux et fortifications, en 1694, déjà seigneur de Souleaux. Il habitait à Villebertin.

Beaucoup plus tard, la maison que vous avez devant vous, fut habitée par la famille Garnier. L’un d’entre eux, Jean Antoine Etienne Garnier reçut un coup de sabre à la tête pendant les troubles révolutionnaires où il avait pris une part active. Il subit une trépanation et devint fou. Devenu solitaire, constamment vêtu de blanc, il adorait le soleil auquel il faisait des offrandes de fleurs et de fruits. Il mourut le 24 janvier 1846 et fut inhumé la nuit, au bout du champ, à l’extrémité de sa propriété. Le corbillard était tiré par un âne.

Vestiges néolithiques :

Des fouilles archéologiques de l’autoroute A5 ont eu lieu à cet endroit, près de l’ancienne ferme de la Colloterie. Ce site a livré des vestiges attribuables du bronze final (1250-750 av.J-C) à la fin du premier âge de Fer ou Hallstatt Final (500-450 av.J-C). Cette dernière période est la plus représentée. Ces vestiges étaient constitués de fosses ayant livré du mobilier céramique très fragmenté, ainsi que de nombreux trous de poteaux, des restes de maisons d’habitations et de bâtiments annexes. Une habitation d’époque gallo-romaine existait aussi sur ce site.

Enfin, les fouilles ont mis à jour une série de fosses que les archéologues n’ont pas su expliquer. Il s’agit en fait de fosses alimentées par une déviation du ruisseau servant à faire tremper le chanvre à une époque moderne.

Château de Souleaux :

C’est une contrée humide, un hameau séparé du reste de Saint-Pouange. Il s’écrivait Soubz-Leaux, c’est-à-dire humide, car sous l’eau. Une partie de ses marais asséchés permit une exploitation importante de la tourbe de 1845 à 1900.

La première mention date de 1203. En 1290, on dénombrait 60 feux, c’est-à-dire environ 250 habitants. Ces derniers avaient des droits d’usage dans la forêt de Jeugny. Les propriétaires, Millet de Souleaux et sa femme Blanche de Jeugny possédaient une maison et des dépendances composées d’une étable, court et basse-cour, colombier, entourées de fossés. Le fief relevait de Villebertin, c’était un arrière-fief d’Isle (Aumont). Ensuite, de nombreuses familles se succèdent comme seigneurs en commençant par Erard de Villehardouin.

Nous l’avons vu la famille Menisson possédait la seigneurie de Souleaux dès 1544, puis un nommé François Chenu qui a fait dresser un plan en 1583.

Sur ce plan, on distingue un pont-levis qui mène à un gros bâtiment flanqué de deux tourelles, une chapelle et une grange. Un pont-levis menait à une cour entourée de bâtiment. Le pilori était situé à l’angle sud de la rue de Bleuze et de celle du Chatelier.

En 1663, Pierre de Coing vendit la seigneurie à Jean de Mesgrigny, gouverneur de Tournai, de Besançon et collaborateur de Vauban. Il le donna à son neveu Jacques Louis, seigneur de Saint-Pouange, gendre du maréchal de Vauban.

Le château actuel date de la fin du XVIIème siècle. Il fut bâti par François de Mesgrigny, chevalier, ingénieur des armées du roi pour les fortifications, vicomte de Troyes, et aussi seigneur de Souleaux, mais aussi de Saint-Pouange, Bouilly, Souligny, Villebertin où il résidait. Il fit construire une petite chapelle dédiée à la sainte Vierge, dont la bénédiction eut lieu le 20 février 1694. Plusieurs mariages y furent célébrés. François de Mesgrigny est enterré dans l’église de Saint-Pouange en 1723, ainsi que sa fille.

La seigneurie échoue à son oncle, maire de Troyes,qui habitait au château de Chevillèle. Son fils, Louis-Marie, né en 1744 fut député de la noblesse au bailliage de Troyes aux états-généraux et habitait à l’hôtel Vaulisant. Á la Révolution, une partie de ses biens furent vendues comme la ferme de Richebourg, la ferme des Bordes. Quant au château, il était à moitié ruiné.

Il fut acheté le 14 novembre 1790 par Nicolas Jean Baptiste Vernier pour 120.000 livres. Le château fut démoli en 1833 avant d’être reconstruit. Les derniers propriétaires de cette famille furent le colonel François Vernier pour le château et Philippe Vernier, son frère, conseiller général de Bouilly, décédé en 1979, pour la ferme attenante.

Ferme de Souleaux :

Des religieux de la confrérie de l’Hôtel-Dieu-Saint-Esprit possédaient dans l’enceinte du château, une maison et un jardin par leg de Aveline, dame de Souleaux, en juin 1203. Ils possédaient aussi une grange pour y entreposer les récoltes. Ils cultivaient du chanvre, des fèves, des pois et de la navette. Ils vendirent cette propriété en 1711 au nouveau seigneur de Souleaux, François de Mesgrigny. C’est l’origine de la ferme.

Cette ferme était célèbre dans les années 1800 pour son élevage de moutons mérinos. En 1814, lors de la Campagne de France, les troupes de soldats formant la coalition contre Napoléon prirent possession des bâtiments. Ils dispersèrent l’élevage de moutons, emportèrent les chevaux, le bétail et les objets les plus précieux. Le reste fut brisé et l’intendant jeté dans la cour de la ferme par une fenêtre où il mourut.

L’élevage du mouton continua mais avec la race Ile-de-France, comptant alors près de 600 bêtes. La ferme fournissait des moutons aux plus grands élevages comme pour le sultan du Maroc, les gouvernements italiens ou polonais.

Le 25 juin 1944, un bombardier allemand en détresse se posa en catastrophe à côté du bois de Sommard, près de la voie romaine. Le 9 août, deux des quatre occupants de l’avion vinrent à travers champs se rendre à la ferme de Souleaux pour le ravitaillement en eau et en lait. Arrivés au milieu de la cour, ils se trouvèrent nez à nez avec une citroên B12, occupée par cinq résistants. Ces derniers venaient d’être attaqués à Mussy-sur-Seine et s’arrêtaient demander de l’essence, afin de continuer leur chemin. Une fusillade éclata. L’un des allemands succomba rapidement à une blessure et l’autre fut fait prisonnier .les résistants le fusillèrent devant le château et abandonnèrent les corps. Trouvés dans le fossé le lendemain, ils furent enterrés en toute hâte dans le petit bois tout proche.

Toupon :

En 1273, Gilet de Pougy possédait une grange près de la source de Toupon. Ce fief passa à la famille Ménisson, puis à une partie des descendants, la famille Molé. Il y avait un étang. Un procès eut lieu entre le propriétaire Pierre le Courtois et les habitants de Bouilly qui avaient pêché dans cet étang. En 1676, le domaine est acheté par les Mesgrigny.

Voie romaine :

Cette voie romaine est aussi appelée voie d’Agrippa. Agrippa, compagnon et gendre d’Auguste, est nommé consul en 37 avant J.-C. Petit à petit, en plus de ces fonctions consulaires et militaires, il devient un remarquable chef de travaux. On lui doit le gigantesque aqueduc de Nîmes, avec 30 kilomètres de canalisations souterraines et aériennes, dont le célèbre et monumental Pont du Gard.

À partir de 21 avant J.-C., Agrippa est envoyé en Gaule. Il profite de la paix qui règne à ce moment-là pour organiser le vaste territoire composé des trois Gaules : Belgique, Celtique et Aquitaine.

Afin de faciliter la circulation des armées romaines, ainsi que les fonctionnaires du recensement et du cadastre, c’est durant cette période qu’il crée un réseau routier centré sur Lyon, alors capitale des Gaules, dans une volonté de quadriller le pays. L’un de ces axes passe sous nos pieds. Il ralliait Lyon à Boulogne sur Mer par Autun, Auxerre, Troyes et Reims.

Le tracé de cette voie n’est pas le fruit du hasard. En effet, la liaison entre Saint Florentin et Troyes passe par la plaine, pour éviter la forêt escarpée, repaire de brigands, mais serpente le long des 60 sources ou points d’eau en suivant un axe assez rectiligne. Quelques sources font exception en se situant à l’est de la voie, et dont l’écoulement est obligé de la traverser comme pour Breban.

Cette voie sert également d’axe de délimitation de nos finages actuels qui sont venus s’organiser autour de domaines agricoles gallo-romains, postérieurement, mais très rapidement après la mise en place du tracé et la réalisation des travaux.

Les premiers domaines agricoles, ou villae, se sont installés dans les dernières décennies avant notre ère , accompagnés de relais routiers.

Cet axe, l’un des principaux de Gaule, a vu circuler des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, des chariots de toutes sortes, des marchands et colporteurs, des armées entières derrière leurs rois (Clovis, Jeanne d’Arc...) ; Beaucoup de joie et de la misère comme durant les épidémies de peste comme celle de 1581, la plus terrible du XVI ème siècle.

Avant la Révolution, sous les ordres du surintendant Rouillé d’Orfeuil, et suite à une dégradation trop importante de la voie, des travaux de construction d’un nouveau tracé eurent lieu, notamment pour la construction d’un pont permettant de traverser la zone humide de Chevillèle. Ces travaux s’achevèrent vers 1820. C’ est la route nationale que nous connaissons actuellement, dans la portion que nous avons devant nous, car à partir de Bouilly, elle passait par Sommeval. Le tracé actuel de Bouilly, puis Villery et Crésantignes verra le jour vers 1850.

Depuis 1820, cette voie principale est maintenant abandonnée et sert exclusivement pour les travaux agricoles. En 1993, suite au passage de l’autoroute A5, des agriculteurs ont même décidé d’en supprimer une partie entre Saint- Pouange et Chevillèle. Cette destruction du patrimoine est scandaleuse, d’autant plus qu’elle a été acceptée par la direction régionale des affaires culturelles.

Richebourg :

Ce hameau existait vers le milieu du XVIème siècle. II était divisé en deux, de chaque côté de la voie ; le grand et le petit Richebourg. A cette époque, il appartenait à la famille Jossier qu’il l’avait acheté à la famille Barbette. Ce domaine comprenait «maison, grange, étable, colombier, jardin, bois, vigne et 90 arpents de terre et prés ». Il fut vendu en 1564 à Maurice le Trutat, contrôleur des guerres, à Troyes et à sa femme Louise Hennequin pour 4.200 livres tournois. Mort sans enfant, le domaine passa dans la famille Hennequin.

En 1596, Nicolas II Hennequin, capitaine des arquebusiers de Troyes, était seigneur de Souligny et Saint-Pouange. Son fils Nicolas III habite dans le domaine. L’un des descendants, Claude, son frère, rachète sa part et il est spécifié sur l’acte : «Une maison consistant en deux chambres basses, deux chambres hautes et galerie au bout de laquelle il y a une chapelle, grange, étable, colombier, cour, puits, vigne, jardin et terre. Ladite maison est fermée de murailles tout à l’entoure...

La famille Hennequin possédait toujours ce domaine vers 1690, où il fut vendu à Louis le Courtois, avec la seigneurie de Souligny, puis à la suite d’une alliance passa à la famille de Mesgrigny. A la Révolution, la ferme fut vendue comme bien national, le 5 novembre 1794 pour 20.000 livres. Elle comprenait 103 arpents de terre, prés, bois et marais.

Une grange située à Souligny, appartenant à Mme Michel Patrois est réalisée, d’après la tradition orale, avec des poutres provenant de cette ferme. Ceci est fort possible, car les bois portent les traces d’un assemblage antérieur différent.

C’est ici que ce termine provisoirement la voie romaine, effacée de la carte pour des intérêts agricoles.

L’Étang-Neuf :

Il existait dès le début du XIIIème siècle. Il fut réalisé par la main de l’homme pour y élever du poisson et y établir un droit de pêche. Ce poisson était consommé durant le carême. La trouvaille de gros plombs de pêche que l’on accrochait sur des filets confirme ses présomptions.

Au XVème siècle, il appartenait au roi qui le louait aux moines de Montier-la-Celle pour 200 sols tournois par an. Acheté par Odard Colbert, il fut vendu au titre de bien national à la Révolution au prix de 10.300 livres. D’une superficie de 20 arpents, il était asséché et en pré.

Les Blancs-Fossés :

C’était une maison qui appartenait au duc de Bourgogne, Robert. Son fils, Hugues V, la promise à sa soeur Marguerite de Bourgogne pour son mariage avec Louis de France, ou Louis X le Hutin. Le mariage eut lieu au château de Saint Lyé. Cette donation intervint plus tard, en 1328, à leur fille Jeanne, mariée à Philippe le Bon. Elle rapportait un setier d’avoine, c’est-à-dire 156 litres.

En novembre 1389, la reine Blanche de Navarre, veuve de Philippe VI de Valois se déclare propriétaire de la ferme dont elle fait don aux religieuses des Chartreux de Notre-Dame-de-la-Prée, l’actuel prieuré de bénédictines de Sainte-Scolastique, situé sur la commune de Rosières-près-Troyes.

En 1563, les religieuses vendent la ferme à Germain Saigeot, notaire et secrétaire du roi pour 5.550 livres. Saisie à la révolution, elle fut vendue comme bien national avec 180 arpents de terre, en 1791, â Nicolas Cousin, notaire à Troyes pour 36.000 livres.

Cette rue s’appelle Chemin de la reine Blanche, comme à Saint-André-les-Vergers.


Notes et commentaires d’ Alain Hourseau ,lors de la randonnée pédestre à thème historique , organisée le dimanche 18 mai 2003 par la commission de la culture de la mairie de Bouilly .


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